Thomas

Barbu et tatoué depuis #1986 ! Auteur craftbeer aficionados de whiskies et fan de rock
Co-fondateur de Themancave.fr

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Glenglassaugh, la distillerie entre Terre et Mer

Per Mare Per Terra est la devise de la distillerie dont nous allons vous parler aujourd’hui. Ce mantra n’est pas anodin car derrière cette consonance latine se cache l’âme même de ces écossais qui reviennent en force après plus de 20 années de sommeil.

Située dans la baie de Sandend (à la frontière du Speyside et des Highlands mais aussi en bord de mer), la distillerie écossaise s’introduit avec 3 caractéristiques distinctives : le Speyside apportant une douceur tropicale, les Highlands ajoutant profondeur et richesse, et la mer donnant au whisky un caractère marin et frais. 

Fondée par le Colonel James Moir, Glenglassaugh (en Gaélique « vallée du lieu gris-vert ») produit dès sa création un whisky atypique, à cheval à ce que l’on retrouve dans l’une ou l’autre de ses régions d’adoption. Frappée, comme de nombreuses autres distilleries, par la crise des années 1980, Glenglassaugh est contraint de fermer ses portes en 1986 pour ne revenir qu’en 2008 avec une édition emblématique et désormais signature : la Revival (renaissance), un Single Malt ayant bénéficié d’un finish en fût de Bourbon, Olorosso puis affinage en vin rouge..

L’eau provient de sources souterraines, l’orge est cultivée dans les Highlands de l’est avant d’être maltée selon des spécifications précises par Portgordon à 15 km de la distillerie. Toutes les opérations sont contrôlées manuellement, sans l’aide d’un ordinateur.

Coastal Cask Collection

Dr. Rachel Barrie, Master Blender de la distillerie à eu l’idée de puiser dans la collection de fûts de la marque pour sortir une gamme singulière d’exception nommée Coastal Cask Collection. L’idée ? Célébrer les 10 ans de la réouverture en proposant de découvrir les premiers 10 ans d’âge. Issus de 10 fûts différents ces Single Casks seront également numérotés à la main. Nous avons eu la chance de déguster deux d’entre eux.

Glenglassaugh Coastal Cask N°957 2009 10 ans Oloroso 57.9% (par @Thebeergame)

Distillé le 9 septembre 2009 et vieilli pendant 10 ans en fût de Xérès Oloroso, le cask #957 donnera en tout et pour tout 685 bouteilles, une chance pour moi d’avoir pu la déguster et vous en faire part.

Belle couleur dorée, texture huileuse.

Au premier nez, c’est une vive impression de vin cuit et de barrique qui se dégage. Un côté mielleux, rond et suave certainement dû au choix de l’Olorosso, un Xérés qui se caractérise par des notes gourmandes de noisettes grillées. Au fur et à mesure de son aération, les notes se précisent et je distingue un côté « boite à cigares » très agréable ainsi que des notes de fruits confits (de la marmelade d’orange), un peu de fumée et toujours ce boisé humide, marin.

En bouche, c’est doux, les 57.9% passent très facilement et la réduction à l’eau n’est vraiment pas nécessaire. Si son caractère bien « trempé » était ultra détectable au nez, la dégustation quant à elle est plus basée sur la douceur. Des agrumes, des notes fleuries et du miel qui viennent tapisser généreusement le palais et flatter les papilles.  

La finale est longue, sur le bois, le feu de plage, un peu de fumée au loin. 

En conclusion, la signature Per Mare Per Terra prend tout son sens dans cette expression. On a bien ces deux profils aromatiques et le tout est équilibré. C’est à la fois original et bougrement addictif, le « haut » taux, qui fleure les 60% tout de même, ne change en rien ce constat.

Glenglassaugh Coastal Cask N°2824 2010 10 ans Pedro Ximénez 57.8% (par @WhiskyLimouzi)

Celui-ci a été distillé l’année suivante, en 2010, et vieilli dans un autre type de fût de sherry : du Pedro Ximénez ! Seulement 370 bouteilles en sont sortie, pour mon plus grand bonheur étant donné que c’est l’un de mes vieillissement/finish préféré.

La couleur est dingue. Brun, presque noir, avec des reflets cuivrés, rouges, ambrés et dorés. Une merveille. Le genre de jus qu’on peut se contenter de regarder par peur de finir son verre.

Le nez présente de belles notes boisées et épicées (poivre et cannelle) qui s’entremêlent avec suavité aux notes du fût de PX. Des fruits mûrs / compotés / caramélisés … dans le style fond de marmite qui a accroché pendant la cuisson de la confiture. Arrivent ensuite d’autres arômes fruités plus légers et acidulés : pomme, poire, fruits tropicaux ; ainsi qu’une note sucrée qui enrobe tout ça de douceur. En fond les fruits à coque (noix / noisettes), l’orange, le chocolat, les pruneaux, les raisins secs … Tout ce qu’on attend d’une sherry bomb PX. L’alcool est tout juste perceptible, c’est un travail formidable !

L’attaque en bouche est douce, le whisky tapisse le palais puis subitement c’est l’onde de choc. Du caramel, du sel, des fruits tropicaux à gogo, dans le style cuisinés / compotés. Arrivent ensuite une petite note amère de cacao / pelure d’oranges et les épices du bois : des notes un peu piquantes, poivrées / pimentées. La texture en bouche est parfaite, tapissante, sirupeuse mais pas écoeurante. Les fruits à coque pointent le bout de leur nez accompagnés de quelques notes végétales juste avant la finale.

La finale, parlons-en. Hyper longue, chaude, elle passe par plusieurs phases. D’abord les épices (poivre et cannelle comme au nez) et les fruits. Ensuite les arômes de noix caressent le palais avant de laisser place à des notes plus minérales, iodées, végétales.

Un whisky qui atterrit directement dans mon top 10 des vieillissements PX. J’en suis totalement amoureux.

Des produits à retrouver chez votre caviste où sur https://www.dugasclubexpert.fr/  et dans le réseau https://www.comptoir-irlandais.com/fr/

 

Article réalisé à 4 mains : @thebeergame et @whiskylimouzy

Bladnoch, le renouveau des Lowlands (par Whiskylimouzi)

Les Lowlands, souvent mal aimées des passionnés de whisky, parce que trop au sud, loin des terres de prédilection de cet alcool d’orge maltée : Highlands, Speyside, Islay … Eh bien qu’à cela ne tienne, aujourd’hui on parle de la plus méridionale de toutes les distilleries des Lowlands, et de ce fait, de la distillerie la plus au sud de tout le territoire écossais : Bladnoch !

Fondée il y a plus de 200 ans, elle est passée de mains en mains, a été fermée puis réouverte de nombreuses fois avant de finir dans les mains de David Prior, un entrepreneur australien, qui a placé le Dr Nick Savage, un ancien de chez Macallan, à la tête de la production.

Après 5 années de sommeil, la distillerie a eu droit à une cure de jouvence : 1 nouveau mash tun, 6 nouveaux washbacks en bois de pin et 4 alambics. De quoi porter la production à 1,5 millions de litres d’alcool par an … et remplir un paquet de tonneaux !

La grosse majorité des fûts utilisés sont des fûts de 1er remplissage (95% environ), pour obtenir des arômes plus marqués. Environ 40% d’ex-fûts de bourbon, 40% d’ex-fûts de sherry (Oloroso, PX, …), quelques fûts de vin rouge, et le reste … mystère !

On a eu la chance de goûter 2 de leurs expressions, pour se faire une idée de la qualité

Bladnoch Samsara, single malt NAS, 46,7%, vieilli en fûts de bourbon et de vin rouge, non filtré à froid et non coloré

Une jolie couleur dorée, avec des reflets ambrés. Ça colle un peu au verre, ce qui laisse présager une texture assez grasse en bouche.

Au nez on est sur les bonbons au caramel, une bonne dose de vanille, des notes boisées et végétales. En fond, on devine quelques arômes de fruits rouge (fraise ?). Globalement, on est sur les arômes provenant du fût de bourbon, avec une légère note tannique qui rappelle le vin rouge.

La bouche est onctueuse. Douce au début, elle s’exprime petit à petit pour révéler des arômes de vanille et de caramel. Pas de fruits rouges ici pour moi, même si ça reste tout de même très fruité (plutôt fruits blancs).

La finale est longue, épicée, sur le poivre, le malt frais, les fruits noirs (myrtille !) et quelques notes végétales un peu tanniques.

J’aime en général beaucoup les whisky vieillis en fût de vin rouge, celui-ci ne déroge pas à la règle, il est bien foutu, sans être exceptionnel ou extravagant. Un bon basique pour un bar.

Bladnoch 10 ans, single malt, 46,7%, vieilli en fûts de bourbon, non filtré à froid et non coloré

Belle couleur dorée, et à nouveau une texture qui semble bien grasse.

Au premier nez, c’est d’abord une bombe de vanille. En y retournant ça devient plus floral, légèrement boisé et épicé, puis presque végétal. Des notes d’agrumes en fond, qui ressortent de plus en plus par rapport au reste.

En bouche c’est doux, onctueux, mielleux, fruité. Avec, au second plan, des arômes boisés, épicés et toujours quelques notes végétales. On est vraiment dans le style des Lowlands !

La finale est longue, sur le bois, les plantes racines et le poivre.

Petite préférence pour celui-ci, qui représente vraiment ce que l’on attend d’un whisky des Lowlands. Certes très classique, mais aussi très bien exécuté. On valide !

Des produits à retrouver chez votre caviste où sur https://www.dugasclubexpert.fr/

 

Dois Corvos, from Lisbonne with love

Dois Corvos « 2 corbeaux en français » fait parti de ces brasseries portugaises qu’on ne présente plus tant leur notoriété dépasse les frontières depuis plusieurs années. Fondée à Lisbonne par Susana Cascais et Scott Steffens en 2013, le pays est alors en pleine période de récession économique et autant dire que la scène craft portugaise est plutôt discrète voir inexistante.

Il faudra attendre 2015 pour que la brasserie sorte ses premières recettes et avec elles, ses premières récompenses dans les compétitions et événements européens. Lyon, Paris, le site Ratebeer et même TripAdvisor leurs décernent de nombreuses médailles et titres honorifiques comme par exemple le statut de Best Tap Room in Portugal en 2017-2018 (Ratebeer).

La gamme Dois Corvos, c’est également un éventail de recettes qui fait le grand écart entre des Blonde Ale, Saisons, IPA’s jusqu’à des Imperial Stouts barrel-aged, Barley wine et autres Spicy milk stout, en tout 18 « regulars » qui se côtoient au fil de l’année, pas mal pour une brasserie encore 100% familiale !

Les deux bières dont je vais vous parler aujourd’hui ne rentrent pas dans la gamme régulière de la brasserie et sont pour le moment des séries limitées.

Raspberry Jam – 5.7% – Sour Ale Barrel Aged

Vieillie en fûts de chêne avec des framboises durant 2 ans en compagnie de levures brettanomyces, cette Sour Ale arbore une robe étonnamment dorée aux reflets orangés. Les framboises sont subtiles et on sent clairement le vieillissement des fruits, c’est acide, lactique et ça sent l’odeur caractéristique des bières « bréttées » à savoir une forte identité de cuir et d’écurie. Très bonne bière, légère et puissante à la fois.

Dispo ici.

Que Syrah, Syrah – 7.6% – Grape Ale Barrel Aged

Brassée en 2016 et vieillie durant 22 mois en fûts de Porto cette Grape Ale à subit une double fermentation avec des levures Brettanomyces et Lactobacillus. Bien moins acide et typée que la Raspberry Jam, cette Grape Ale n’en est pas pour autant moins intéressante. Plus légère et douce avec des notes de vanille et de biscuit elle amène de par sa fermentation en fûts de Porto pas mal de sucre et un côté fruité léger mais bien présent. Un chouilla en-dessous de la Raspberry mais le mieux c’est encore de goûter les deux !

Dispo ici.

Oyster stout, ou comment faire aimer les huitres à tes amis

Oyster stout, voilà un genre de bière qui peut en dérouter certains. Et si nombre d’entre vous y voient déjà le délire d’une génération de brasseurs-hipsters qui jouent à qui aura la recette la plus originale eh bien détrompez-vous !

L’accord huître et bière trouve ses origines dès le 18eme siècle ou l’on trouvait régulièrement les deux mets aux tables anglaises. C’est au début du 20eme siècle qu’il faudra cependant attendre pour qu’un brasseur eu l’idée de mêler le fruit de mer à son brassin.

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Move your A.C.E c’est le Printemps !

La Débauche Kiss my A.C.E, alors le nom est pas franchement évocateur du monde de l’enfance mais le côté point de croix, serviettes avec son nom dessus bah moi ça me parle, ça me rappelle le temps où je disais à ma mère que je voulais des dinosaures sur mon peignoir et qu’elle me les brodaient ! Fin de l’épisode nostalgie avec la découverte de cette A.C.E, une bière blonde au jus de citron vert, à l’orange et à la carotte.

Cette bière multivitaminée marque l’arrivée du Printemps et des beaux jours, des ipa au soleil et des wheat citronnées. Côté dégustation c’est un corps orange fluo qui se présente avec de bonnes effluves acides d’agrumes. Au goût la carotte souvent anecdotique dans ce genre de recette vient ici couler l’acidité du fruit pour apporter un équilibre avec une amertume légère. Une belle réussite pour @brasserie_la_debauche qui signe ici une belle bouteille printanière.

Brasserie : @brasserie_la_debauche
Origine : Angoulème (France)
Style : DIPA
ABV : 8,7%
IBU : 45
Houblon : Mosaic, Simcoe, Citra, Vic Secret

De la vanille dans la bière ?

Passés maîtres dans l’art des Stouts la brasserie La Débauche rivalise de créativité pour proposer des recettes toujours plus gourmandes. Chamallow, fruits rouges, cerises Amorena, et bien d’autres ingredients ont eu leur heure de gloire. Aujourd’hui place à la vanille, fil rouge de pas mal des derniers titres sortis des cuves des français, de faire son apparition. Read more